Le sommeil

"Les troubles du sommeil chez l’enfant de 0 à 5 ans"

avec Lyliane Nemet-Pier, psychanalyste d’enfants

Les troubles du sommeil de l’enfant peuvent prendre diverses formes : difficultés d’endormissement, réveils multiples sont les plus fréquents ainsi qu’à un degré moindre, cauchemars, terreurs nocturnes et somnambulisme. Chaque cas étant différent, il peut être difficile d’en reconnaître les causes. Lyliane Nemet-Pier, psychologue clinicienne et psychanalyste, répond aux questions des parents sur le sommeil de l’enfant pour les aider à comprendre ce que sont les troubles du sommeil et comment y remédier. Un dossier thématique complet est proposé sous forme de questions-réponses, chaque réponse étant associée à des conseils pratiques destinés aux parents souhaitant mieux appréhender et gérer les troubles du sommeil de leur enfant.

 

L’essentiel du sommeil de l’enfant

 

 

Le sommeil de l’enfant en 7 questions


Le train du sommeil

Le sommeil de l’enfant est organisé en cycles qui évoluent au cours de la vie, eux-mêmes composés de plusieurs phases. Ces cycles peuvent être assimilés à des petits trains dont les wagons représentent les différentes phases du sommeil et la locomotive correspond à la phase d’endormissement. En grandissant, l’enfant construit progressivement son sommeil de nuit en s’installant dans un rythme régulier. En connaissant mieux les cycles de sommeil de votre enfant et ses particularités grâce à notre vidéo, vous pourrez l’aider à bien dormir.

 

 

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Il est recommandé de laisser un bébé s’endormir au sein pendant l’allaitement.
Bonne réponse !
Mauvaise réponse !
Il est déconseillé de laisser un bébé s’endormir au sein.

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Il est déconseillé de laisser un bébé s’endormir au sein car il doit apprendre à s’endormir seul, en développant sa propre stratégie d’endormissement (sucer son pouce, dormir avec son doudou…). Pour cela, il doit être séparé de sa maman. En le laissant s’endormir pendant l’allaitement, il devient dépendant des bras, du sein et du bercement ce qui peut causer des troubles du sommeil avec des difficultés d’endormissement et des réveils multiples après lesquels le bébé n’arrive pas à se rendormir seul. Dès que le bébé présente des signes d’endormissement pendant l’allaitement, il doit être reposé dans son berceau encore éveillé pour l’habituer à s’endormir seul. De cette façon, lorsqu’il se réveillera la nuit, il pourra se rendormir sans l’aide de ses parents.

Conseil

Prudence dans l'usage de la tétine et du biberon ! La tétine favorise les réveils multiples, car le bébé met plusieurs mois avant de savoir la remettre seul dans sa bouche quand il la perd. Le biberon pour s'endormir est aussi à proscrire, car il n'est pas recommandé d'associer nourriture et sommeil.

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Un bébé ne devrait pas dormir dans le lit de ses parents.
Bonne réponse !
Mauvaise réponse !
Il est déconseillé de laisser un bébé s’endormir dans le lit parental.

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Le co-sleeping (ou cododo) consiste à faire dormir le bébé avec les parents. On parle de co-sleeping dans deux cas : lorsque le bébé partage le lit de ses parents et lorsque le berceau du bébé est placé à côté du lit parental. Le premier cas est fortement déconseillé car le bébé devient dépendant du contact physique pour s’endormir. Il présente également un risque accru d’étouffement, d’hyperthermie et, selon certaines études, de mort subite du nourrisson. Le second cas est quant à lui tout à fait normal car la maman a besoin d’apprendre à connaitre son bébé et inversement dans les premiers mois suivant la naissance. Il est toutefois souhaitable de ne pas prolonger le coucher dans la chambre des parents au-delà de huit à neuf mois.

Conseil

En cas d’allaitement, si vous ne souhaitez pas vous lever plusieurs fois par nuit et perturber davantage votre sommeil, n’hésitez pas à placer le berceau à côté de votre lit. Cependant, évitez d’avoir un contact physique pendant toute la nuit. 

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Le moment du coucher de l’enfant n’est pas important et peut varier.
Bonne réponse !
Mauvaise réponse !
Le moment du coucher est très important et permet à l’enfant de s’endormir rapidement s’il est bien choisi.

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Le sommeil de l’enfant repose sur des rythmes biologiques avec l’alternance de différents cycles de sommeil. L’enfant doit être couché lorsqu’il manifeste l’envie de dormir au début d’un cycle de repos. Les parents doivent donc être attentifs aux signes annonçant que leur enfant a sommeil. Ces signes sont propres à chaque enfant et peuvent comprendre des manifestations physiques telles que des bâillements, le fait de sucer son pouce ou de se frotter les yeux ou le lobe de l’oreille, l’apparition d’une rougeur au niveau de l’arcade sourcilière ou des manifestations comportementales lorsque l’enfant se replie sur lui-même, s’allonge par terre alors qu’il joue ou, au contraire, est excité ou énervé. L’identification de ces signes indique que le moment du coucher est arrivé ce qui aidera les parents à endormir l’enfant facilement. En revanche, si le coucher a lieu au milieu d’un cycle, l’enfant ne pourra pas s’endormir.

Conseil

Soyez attentifs aux signes annonciateurs des cycles de sommeil et couchez votre enfant dès qu’il manifeste l’envie de dormir. Il est préférable d’adapter l’heure du repas en fonction du train du sommeil : l’enfant devrait être couché dès la fin du repas. Pour favoriser l’endormissement, l’enfant doit avoir un endroit à lui dans lequel il doit avoir des repères afin de s’y sentir bien et y dormir avec plaisir.

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L’existence de phases d’agitation pendant le sommeil est normale chez le bébé.
Bonne réponse !
Mauvaise réponse !
Le sommeil du bébé est entrecoupé de phases de sommeil agité jusqu’à l’âge de 2 mois.

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Jusqu’à l’âge de 2 mois environ, le sommeil des bébés repose sur des cycles comprenant une phase de sommeil agité de 25 min suivie d’une phase de sommeil calme de 25 min. Chaque cycle dure donc 50 minutes. Le sommeil agité ressemble à une phase d’éveil et le bébé est sujet à des mouvements oculaires, des mouvements des extrémités, des mimiques du visage et émet des grognements alors qu’il dort profondément. Le bébé peut pleurer et se réveiller mais il se rendort généralement rapidement.

Pour bien comprendre les cycles de sommeil selon l’âge de votre enfant, n’hésitez pas à visionner notre vidéo sur « le train du sommeil » qui vous les présente de façon détaillée.

 

 

 

 

 

Conseil

Ne vous précipitez pas dès que votre bébé pleure un peu ou fait des mimiques car il peut être dans une phase de sommeil profond. S’il se calme en quelques minutes, c’est qu’il est en train de rêver et il faut le laisser se rendormir seul. S’il se réveille, il ne faut pas le sortir du lit sinon il risque de ne pas arriver à se rendormir. 

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Un enfant faisant des terreurs nocturnes ne doit pas être réveillé.
Bonne réponse !
Mauvaise réponse !
Un enfant faisant des terreurs nocturnes dort profondément et ne doit pas être réveillé.

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Les terreurs nocturnes sont peu fréquentes et ne touchent que 3 % des enfants, contrairement aux cauchemars. Elles sont rares avant l’âge de 15 mois et surviennent de préférence entre 4 et 12 ans. Elles surviennent lors du sommeil lent très profond, c’est-à-dire le sommeil correspondant à la première partie de la nuit, lorsque l’enfant dort profondément. Il s’agit d’un trouble du sommeil se manifestant par un cri ou des pleurs perçants, associés à des signes d’angoisse. Le corps de l’enfant est parcouru de tremblements et couvert de sueur. L’enfant a généralement tout oublié au réveil. Les terreurs nocturnes sont principalement dues au manque de sommeil mais une nervosité pouvant être associée à des changements dans le quotidien de l’enfant peut également en être la cause. La pratique de la sieste pendant la journée peut aider à résoudre le problème chez l’enfant en bas âge : 3 siestes par jour jusqu’à un an puis 2 par jour jusqu’à l’âge de 15 mois et enfin une sieste par jour par la suite. 

Conseil

En cas de terreurs nocturnes, il est inutile de réveiller, secouer ou consoler votre enfant car il dort profondément et n’est pas sensible aux paroles de consolation. Si les terreurs deviennent trop fréquentes, un psychologue doit être consulté pour essayer d’en comprendre la cause.

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Un bébé fait ses nuits vers l’âge de 1 an en moyenne.
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Un bébé fait généralement ses nuits entre 3 et 6 mois.

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Lorsqu’un bébé « fait ses nuits », cela signifie qu’il dort entre minuit et 5 heures du matin sans réclamer à manger ou ses parents. En moyenne, le bébé commence à faire ses nuits entre 3 et 6 mois. Le rythme circadien du bébé se développe au fur et à mesure qu’il grandit ce qui va lui permettre d’être très vite sensible à l’alternance jour/nuit ; il sera plus éveillé la journée et dormira plus la nuit. Plus le sommeil lent profond augmente, moins il se réveille. Cependant, faire ses nuits ne signifie pas que le bébé ne se réveille pas. Il est normal qu’il se réveille à chaque changement de cycle mais il se rendort quelques minutes après. On ne parlera de véritables "troubles du sommeil" qu'après l'âge de 6 mois, si le bébé tient ses parents éveillés toute la nuit.

 

Conseil

L'alternance jour/nuit, ou lumière naturelle/obscurité, est un donneur de temps majeur pour le bébé. Promener votre bébé entre 12 et 16 heures en période néonatale l’aidera à dormir davantage la nuit qu’un bébé qui reste à la maison. Une fois que le bébé grandit, la régularité de l’heure du lever le matin devient plus importante. Un bébé n’a pas besoin de lumière pour s’endormir : la peur du noir n’apparaissant généralement pas avant l’âge de 2 ans, l’obscurité favorisera son endormissement. Enfin, n’hésitez pas à mettre en place un rituel du coucher pour l’aider à faire la transition entre le jour et la nuit. 

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L’ostéopathie peut aider à traiter certains troubles du sommeil du bébé.
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Un ostéopathe peut identifier un problème mécanique pouvant être à l’origine de troubles du sommeil.

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Certains problèmes mécaniques peuvent être à l’origine de troubles du sommeil. Chez le bébé, la naissance peut avoir été relativement traumatique et avoir entraîné notamment un torticolis, des douleurs fonctionnelles ou une compression crânienne. Certaines douleurs dues par exemple à des coliques ou des reflux gastro-œsophagiens peuvent également perturber l’endormissement ou le sommeil du bébé. Par ailleurs, le bébé peut ressentir des tensions liées à un stress extérieur qui perturberont son sommeil. Ces problèmes mécaniques feront que le bébé aura du mal à se relaxer et ressentira un inconfort voire un mal-être général. L’ostéopathe va examiner le corps du bébé, détecter les différentes tensions et les dénouer afin de lui permettre de retrouver un équilibre et d’être de nouveau à l’aise dans son corps. Le bébé pourra alors s’endormir plus facilement et dormir paisiblement. Cependant, si le problème n’est pas d’ordre mécanique, l’ostéopathie ne permettra pas d’apporter d’amélioration.

Conseil

La consultation d’ostéopathie doit être considérée comme un complément aux consultations de première intention chez un pédiatre. L’ostéopathe peut intervenir dès les premiers jours de vie de votre bébé, lorsque ses structures osseuses, musculaires et articulaires sont malléables ; les corrections seront ainsi plus rapides et efficaces. N’attendez pas pour consulter si vous suspectez un problème ! 

Pour aller plus loin

Brochure "Les troubles du sommeil chez l'enfant de 0 à 5 ans"

Tout savoir sur le sommeil de l'enfant de 0 à 5 ans