Smartphones, tablettes, téléviseurs, plateformes vidéo et réseaux sociaux… Jamais les enfants n'ont grandi dans un environnement aussi saturé d'écrans. Face à cette transformation majeure, les professionnels se trouvent souvent confrontés à des questions complexes : les écrans perturbent-ils le développement de l'enfant ? Quels sont les risques réels ? Comment accompagner les familles sans tomber dans les discours alarmistes ou, à l'inverse, minimiser les enjeux ?

10
écrans en moyenne par foyer (1).
46%
des enfants âgés de 6 à 10 ans en France possèdent déjà un smartphone avant leurs 10 ans (2).
11%
des adolescents montrent des signes de comportements problématiques vis-à-vis des médias sociaux (3).
Les écrans modifient l'environnement développemental de l'enfant

Les écrans modifient l'environnement développemental de l'enfant

Une véritable invasion dans le quotidien des familles

Les usages numériques tendent à s’imposer dans tous les temps de la journée : une étude4 montre qu’une large majorité des utilisateurs déclarent passer plus de temps que prévu sur leurs activités numériques, et ce quotidiennement pour 3 à 4 personnes sur 10, notamment pour regarder des vidéos (42 %), s’informer (40 %) ou communiquer (40 %). Près d’une personne sur deux déclare avoir déjà reporté des obligations en raison d’activités numériques, dont près d’un quart quotidiennement.

Plus préoccupant encore dans une perspective éducative, les écrans investissent des moments traditionnellement dédiés aux interactions familiales : la moitié des personnes interrogées poursuivent leurs activités numériques au moment du coucher et un tiers pendant les repas. Ces pratiques sont en progression ces dernières années. Dès la naissance de son enfant, un casse-tête s’impose : comment être à la fois parent et usager d’écrans ? 

 

« Tel parent, tel enfant » : en matière d’écrans, il existe bien un mimétisme intergénérationnel. L’INSEE observe que lorsque les parents n’utilisent pas les écrans, les enfants restent plus souvent que les autres non-utilisateurs des écrans.

En effet, 21 % des enfants dont la mère (19 % pour le père) passe plus de 1h30 par jour devant les écrans numériques pour le loisir suivent une « trajectoire d’intensification » du temps passé devant les écrans, contre 12 % des enfants dont la mère (11 % le père) n’utilise jamais d’ordinateur, de tablette ou de smartphone pour le loisir5.

 

La technoférence : quand les écrans perturbent la relation

La technoférence est un phénomène qui retient particulièrement l'attention des chercheurs. Ce terme désigne les interruptions répétées des interactions parent-enfant par l'utilisation d'un smartphone ou d'un autre écran. Lorsque le parent consulte son téléphone, son visage devient momentanément moins expressif et moins disponible émotionnellement. Les expériences de « still face » ont montré depuis longtemps que le nourrisson réagit fortement à cette rupture temporaire d'engagement relationnel. Il tente de récupérer l'attention de l'adulte, manifeste son inconfort puis peut se replier sur lui-même si l'absence de réponse se prolonge. On sait que la répétition quotidienne de ces micro-ruptures peut réduire les occasions d'interactions et d’expériences de qualité dont le jeune cerveau a besoin pour se développer. Gisèle Apter, pédopsychiatre6, rappelle que le bébé est un être profondément social, un petit humain qui a besoin d’être entouré d’humains. Il préfère toujours la 3D à la 2D ! Dès les premiers mois, le bébé recherche activement les regards, les expressions faciales, les échanges vocaux et les réponses émotionnelles de son entourage. Tout cela participe à la construction des réseaux neuronaux impliqués dans le langage, l'attachement, la régulation émotionnelle et les compétences sociales. 

 

Nous devons, tout adulte que nous sommes, nous remettre à hauteur de ce temps de l’enfance : nos enfants ne sont pas des « petits adultes », ils ont besoin de jouer, ils ont besoin que les adultes oublient leur portable pour leur donner du temps, ils ont besoin de dialoguer avec les grands et de les retrouver disponibles, à la maison, dans les parcs, pendant leurs activités, dans les villes comme dans les campagnes7.

 

Le processus de « déplacement »

La plupart des sociétés savantes convergent aujourd'hui vers une seule et même recommandation : pas d’exposition directe aux écrans avant l'âge de 3 ans et si possible les éviter avant 6 ans. Pour Bruno Falissard, médecin de santé publique et professeur de statistiques8, cette position se justifie par le principal effet des écrans sur la santé globale : le mécanisme du déplacement. En effet, le temps passé devant un écran est tout simplement du temps qui n'est pas consacré à d'autres activités beaucoup plus bénéfiques au développement. En quelque sorte c’est du temps volé pour la manipulation, l’exploration motrice, les jeux libres, la lecture partagée, les interactions verbales, l’observation du monde réel, le développement de l’imagination et des capacités créatives. Cette notion est fondamentale pour comprendre les impacts observés dans les études. Les écrans ne provoquent pas directement l'obésité, la sédentarité ou les troubles du sommeil. Ils favorisent des comportements qui augmentent ces risques.
 

Entre 0 et 6 ans, les enfants ne peuvent pas dire ce qu'ils veulent, donc on est obligé de décider pour eux. Si on décide pour eux, il faut quand même se demander ce qui est bon pour eux. Et ce n'est pas des écrans. Ni les écrans pour eux ni les écrans pour nous. Et donc, en principe, il faudrait interdire les écrans de 0 à 6 ans chez les enfants et leurs parents. Alors, bien sûr, ce n'est pas possible, mais d'un autre côté… Vous savez, avant, les femmes enceintes buvaient de l'alcool et c'était normal (…) Et puis, maintenant il y a une pression colossale pour dire que ce n’est pas bien (…) De même, je crois qu'il faut une pression sociale pour dire qu’il ne faut pas d’écrans entre 0 et 6 ans8.

Bruno Falissard Médecin de santé publique et professeur de statistique

 

Écrans et risques de troubles somatiques7

L’exposition prolongée aux écrans, en particulier dans l’heure précédant le coucher, amène à une réduction du temps de sommeil et une altération de sa qualité. Plusieurs mécanismes se combinent : la stimulation cognitive liée aux contenus consultés, les sollicitations émotionnelles qu’ils génèrent, les couchers retardés volontairement et surtout l’exposition à la lumière bleue émise, qui perturbe la sécrétion de mélatonine et donc l’horloge biologique. N’oublions pas que des troubles chroniques de sommeil peuvent entraîner des difficultés cognitives, comportementales et scolaires susceptibles de s’inscrire durablement dans le parcours de vie. 

> 16 % des enfants de 11 ans et 40 % des adolescents de 15 ans présentent un déficit de sommeil supérieur à deux heures par jour en semaine. 

> 31% des jeunes âgés de 11 à 18 ans disent rester éveillés ou se réveiller la nuit pour échanger avec des amis, suivre une actualité sur un réseau social, regarder des vidéos, jouer aux jeux vidéo…

Il existe un lien indirect, mais logique, entre écrans et prise de poids via plusieurs mécanismes : la baisse de l’activité physique, l’augmentation du temps assis, la réduction du temps de sommeil, le grignotage et l’exposition publicitaire qui favorisent les comportements alimentaires inadaptés.

> 3 % des enfants de moins de 3 ans ne pratiquent aucune activité physique extérieure. Chez les 3–10 ans, 1/3 des garçons et 2/3 des filles sont considérés comme sédentaires. Chez les 11–17 ans, 20 % des garçons et plus de 50 % des filles sont sédentaires.

Il est conseillé d‘éviter les écrans et de favoriser les activités de plein air dès le plus jeune âge, période durant laquelle l’œil et le système visuel sont encore en développement : la croissance du globe oculaire se poursuit jusqu’à 4 ans et la maturation des fonctions visuelles jusqu’à l’adolescence (13-15 ans). 

> En France, la myopie concerne aujourd’hui environ 1 personne sur 3 (contre 20 % dans les années 1970) et 42 % des jeunes de 10 à 19 ans. 

> L’œil de l’enfant est particulièrement sensible à la lumière bleue émise par les écrans : avant 8 ans, le cristallin laisse passer plus de 80 % des longueurs d’onde bleues, contre environ 50 % à 25 ans et seulement 20 % vers 80 ans.

Les écrans et la santé mentale des enfants

Les écrans et la santé mentale des enfants

Un phénomène d’ébullition cérébrale

Les écrans constituent un type de stimulus très spécifique, qu’il est essentiel de comprendre pour en saisir les effets sur l’enfant, explique Hugues Patural, professeur de pédiatrie9. Les écrans imposent en effet un rythme visuel extrêmement rapide, avec un défilement standard d’environ 25 images par seconde. Concrètement, un enfant qui regarde seulement 10 minutes d’écran est exposé à près de 15 000 images successives, comme s’il avait tourné un livre de 15 000 pages ! Cette hyperstimulation visuelle, souvent associée à des sons complexes ou partiellement incompréhensibles, sollicite intensément le système perceptif et cognitif. Les 2 ou 3 heures qui suivent cette stimulation massive sont perdues pour les apprentissages. C’est pourquoi, regarder les écrans le matin, avant d’aller à l’école, même son dessin animé préféré, est complètement inapproprié. 

 

Les écrans et les fonctions attentionnelles sont un des sujets les plus débattus. Les travaux disponibles montrent moins une dégradation globale de l'attention qu'une modification des modalités attentionnelles, informe Bruno Falissard, médecin de santé publique et professeur de statistiques. Les jeunes exposés à des environnements numériques très stimulants semblent capables de traiter rapidement un grand nombre d'informations, mais font plus d’erreurs et présentent davantage de difficultés dans les tâches nécessitant une attention soutenue et prolongée. Cette évolution interroge directement les pratiques pédagogiques et éducatives8.

 

Les mécanismes délétères des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie des adolescents : 58 % des 12-17 ans déclarent consulter quotidiennement les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux peuvent constituer un espace de sociabilité, d’expression et de soutien, ce qui peut être précieux durant l’adolescence. Toutefois, leur fonctionnement repose sur certains mécanismes susceptibles de fragiliser l’équilibre psychologique, en particulier lorsqu’ils sont utilisés de manière intensive10

  • La comparaison sociale permanente : l’exposition répétée à des contenus retouchés et valorisant des normes idéalisées de réussite, de popularité ou d’apparence physique peut favoriser la dévalorisation de soi et une insatisfaction corporelle. Les jeunes filles y semblent particulièrement sensibles.
     
  • La rumination collective (ou corumination) : les adolescents peuvent être amenés à partager et ressasser en boucle leurs difficultés, leurs inquiétudes ou leurs expériences négatives, ce qui entretient parfois l’anxiété plus que cela ne contribue à résoudre les problèmes.
     
  • Le doomscrolling : les systèmes de recommandation peuvent maintenir l’utilisateur dans une exposition continue à des informations émotionnellement chargées, des contenus anxiogènes ou négatifs.

 

La notion « d’addiction aux écrans » en tant que telle n’est pas encore reconnue par la science, mais les « écrans », et en particulier l’utilisation des réseaux sociaux, semblent être, au-delà des bénéfices qu’ils peuvent apporter, des facteurs de risque supplémentaires lorsqu’il y a une vulnérabilité préexistante chez un enfant ou un adolescent, notamment de dépression ou d’anxiété. (…) Si les troubles du jeu vidéo sont d’ores et déjà reconnus sur le plan international, ce n’est pas le cas des médias sociaux. Pourtant, les médias sociaux présentent des éléments de conception de type addictogène qui, selon certains auteurs, doivent nous pousser à reconnaitre l’existence de l’addiction aux réseaux sociaux. La classification sur le plan international est souvent longue et les données probantes devront être renforcées pour armer le dialogue, mais il ne fait que peu de doute que cette reconnaissance sera acquise, à fonctionnement constant des réseaux, d’ici quelques années7.

 

Des expériences numériques malaisantes, choquantes, voire traumatisantes7

  • L’exposition à des contenus pornographiques : une enquête de 2023 auprès des 11-18 ans indique que 36 % des jeunes ont déjà été exposés à des scènes de pornographie. Ces contenus, souvent violents et non contrôlés, peuvent être consultés sans recherche intentionnelle ou apparaître lors de démarches de découverte de la sexualité, exposant ainsi des mineurs à des représentations inadaptées à leur âge.
     
  • L’exposition à des contenus violents : la même enquête montre que 47 % des 11-18 ans ont vu des scènes de maltraitance animale, 42 % des scènes de bagarres ou de violence, et 26 % des contenus très violents (guerre, torture, exécution). Cette exposition fréquente peut banaliser les violences.
     
  • L’exposition à des contenus haineux : 48 % des jeunes déclarent avoir été insultés sur Internet et 25 % moqués. Par ailleurs, une enquête 2024 de Génération Numérique avec la DILCRAH révèle que 30 % des 11-18 ans ont été exposés à des propos racistes (+9 points depuis 2020) et 26 % à des propos haineux liés à la religion (+8 points), témoignant d’une banalisation croissante des discours de haine en ligne.

 

Les enfants qui sont en ligne et n'ont pas eu une éducation ou un accompagnement numérique par les parents ou toute autre personne qui leur ont mis un écran entre les mains n’ont généralement pas leur profil sur leurs réseaux sociaux, sur les forums de tchat, paramétrés de manière à les mettre en sécurité. Résultat : en moins d’une minute, ils sont sollicités sexuellement par un adulte. C'est policièrement prouvé, puisque nous sommes infiltrés sur les réseaux avec des profils d'enfants11.

Véronique Béchu Commandante de police et Directrice de l’Observatoire e-enfance/3018 sur le harcèlement et les violences numériques

Prévenir, accompagner et éduquer : le rôle des professionnels

Prévenir, accompagner et éduquer : le rôle des professionnels

Sortir du débat « pour ou contre les écrans »

Les connaissances scientifiques accumulées ces dernières années permettent aujourd'hui de dépasser les oppositions simplistes. Les écrans ne constituent ni une catastrophe généralisée ni un outil neutre. De plus, il est désormais insuffisant de parler « des écrans » comme d'un objet unique. Une visio avec un parent éloigné, un documentaire regardé en famille, un jeu vidéo coopératif ou plusieurs heures de vidéos courtes sur un réseau social n'ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes effets potentiels.

De même, il faut s’interroger sur les évolutions que l’on ne comprend pas toujours et sur le discours du c’était mieux avant ! Bruno Falissard, médecin de santé publique et professeur de statistiques8, prend l’exemple du miroir. Cet objet n’est apparu qu’à la fin du 19e siècle ; avant il était impossible de savoir à quoi l’on ressemblait. Le miroir, puis la photographie, puis les selfies aujourd’hui, sont des révolutions cognitives qui ont complètement transformé notre façon de nous percevoir. On peut avoir l’impression que l’on perd les pédales, que le monde est fou. Peut-être est-ce simplement que tout change très vite, et que nous sommes un peu trop vieux pour gérer tous ces changements ?

 

Des liens de causes à effet à prendre avec précaution

Une méta-analyse récente a inclus plus de 100 études longitudinales examinant deux questions fondamentales12 : l’utilisation des écrans entraîne-t-elle des problèmes socioémotionnels ? Et, à l’inverse, les problèmes socioémotionnels conduisent-ils les enfants à utiliser davantage les écrans ? Les résultats ont révélé des associations significatives, mais faibles dans les deux sens avec des effets plus marqués lorsque les écrans étaient utilisés pour les jeux vidéo plutôt que pour d’autres activités. Ces données suggèrent que plutôt que de se concentrer uniquement sur la réduction du temps passé devant les écrans, les recommandations devraient davantage mettre l’accent sur l’amélioration de la qualité des contenus consultés et le renforcement des interactions sociales pendant l’utilisation des écrans. Les parents et les professionnels doivent donc privilégier une approche nuancée fondée sur les usages plutôt que sur le seul temps d'écran, du moins à partir de l’école primaire.

 

La notion de « temps d’écran » n’est peut-être plus la plus appropriée pour étudier les effets de l’exposition aux appareils numériques et leurs conséquences sur la santé mentale des adolescents. La plupart des études examinées mesurent uniquement le temps total passé devant les écrans. Cependant, la nature des contenus consultés sur chaque appareil, ainsi que la manière dont les adolescents interagissent avec ces contenus, restent encore mal comprises13.

 

Adultes : une posture de modèle et de vigilance

En 2021, le Haut Conseil de la santé publique s’adressait aux familles et aux éducateurs, en tant que premier modèle des enfants14. Il conseillait :

  • Une approche avertie de l’usage des écrans : être en capacité de prendre du recul sur sa propre pratique afin de ne pas subir les effets problématiques du numérique ; se former aux bonnes pratiques numériques pour accompagner les enfants : s’assurer au moment de la connexion, selon l’âge de l’enfant, de la présence d’un adulte informé, et décider avec l’enfant de modes d’usage des écrans et du temps passé en fonction des modes de contrôle proposés ; savoir expliquer aux enfants ce qu’est le bon usage des écrans et savoir en arrêter l’utilisation au moment opportun (dans certaines familles, la mise en place d’un contrat commun d’usage des écrans peut être une aide) ; développer la capacité culturelle des enfants et des jeunes à identifier les messages des influenceurs, à décoder les messages de second degré, à s’interroger sur le rôle des propos de séduction, les risques de prédation ; être vigilant sur les risques d’une approche par genre, défavorable aux filles, rester critique par rapport aux évaluations de l’Entertainment Software Rating Board affichées par une lettre indiquant l’âge d’utilisation du jeu vidéo.
     
  • Un désamorçage du risque « d’usage captatif » des écrans : être capable d’apprécier les effets des différents usages (y compris des réseaux sociaux, et l’attrait pour la publicité) sur la personnalité et les comportements des jeunes utilisateurs ; prêter attention aux troubles de l’humeur en cas d’absence d’écran, quel que soit l’âge ; rester vigilant face aux manifestations d’opposition lors de limites de temps d’écran ou face aux émotions négatives après l’usage des écrans ; repérer les modifications des habitudes de vie (sommeil, baisse des interactions sociales, absence d’activité physique).

 

En donnant aux adolescents les moyens de prendre des décisions éclairées sur leurs activités en ligne, en trouvant un équilibre entre leur univers en ligne et leur univers hors ligne, nous contribuons en fin de compte à préserver et à améliorer leur bien-être général. C’est fondamental pour garantir un avenir numérique plus sain et plus équilibré pour toutes les communautés, toutes les sociétés et tous les pays3.

Dr Henri. P Kluge Directeur régional de l’OMS pour l’Europe

Quelques outils pour expliquer et proposer des solutions

Un petit guide pour les parents, afin de déconstruire les idées reçues

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Un portail informatif pour accompagner les enfants dans l'usage du numérique

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Un site pour choisir les bonnes pratiques numériques en famille

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Une bande dessinée pour se poser des questions et faire naître des débats

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