Repenser l’accompagnement de femmes enceintes SDF, E. Panaccione

Elodie Panaccione
Bourse de Recherche 2010
Psychologue clinicienne, Elodie Panaccione travaille comme intervenante sociale à l'association Lafayette Accueil, à Paris, depuis 2006. Parallèlement, elle prépare un doctorat Psychologie clinique parcours transculturel à l’université Paris V, sur « la maternité chez les femmes africaines sans domicile fixe »
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Comment avez-vous commencé à travailler sur votre sujet de recherche ?
A la fin de mes études, j’ai rencontré une association travaillant auprès de familles migrantes et qui recevait notamment de nombreuses femmes africaines. On m’y a proposé un poste d’intervenante sociale dans un service d'accueil, écoute, orientation qui, jusqu’alors, s’adressait spécifiquement aux mères d’enfants de trois ans au moins. Or de plus en plus se présentaient à l’association des femmes enceintes sans domicile fixe (SDF), qui ne disposait d'aucun interlocuteur social et ne bénéficiait, dans le meilleur des cas, que d’un suivi médical discontinu. A travers le suivi de plusieurs d'entre elles, de nombreux questionnements quant aux enjeux socioculturels de ces grossesses ont émergé.
A quelles questions étiez-vous confrontée ?
Les professionnels – du secteur social et de la maternité – s’interrogeaient sur le peu d’investissement apparent de ces femmes dans leur grossesse. Je suis aussi partie du décalage repéré entre ce qui était proposé à ces femmes dans le cadre des prises en charge médicosociales et la réalité de leur vécu, à savoir une grande détresse psychique et un manque d’étayage pendant et après la grossesse. Il m’a donc semblé nécessaire de repenser l’accompagnement de ces femmes.
Que vous apporte le prix de la Fondation Mustela ?
Ce prix va me permettre de m’investir pleinement dans cette recherche. C’est important , car il faut pouvoir continuer à aller rencontrer ces femmes qui ne résident pas dans des lieux fixes, faciles à localiser, tout en poursuivant la rédaction de ma thèse. Je m’apprête ainsi à prendre un congé sans solde de trois mois afin de finaliser ma recherche. A plus long terme, j’espère utiliser les fruits de cette recherche pour élaborer avec mes partenaires professionnels de nouvelles modalités de prises en charge sociales et médicales.