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Le traumatisme psychique induit par les brûlures chez l’enfant, D. Thiboud

Delphine Thiboud

Bourse de Recherche 2004

Psychiatre diplômée depuis octobre 2004, titulaire, depuis 2002, d'un DU (Diplôme Universitaire) consacré à l'enfance et l'adolescence, Delphine Thiboud a réalisé son internat en psychiatrie dans plusieurs hôpitaux de Toulouse et de sa région. En 2003 et 2004, elle a exercé en libéral comme remplaçante dans le privé, tout en débutant son projet de recherche sur l'impact de la brûlure chez l'enfant. C'est en 2000, lors d'un stage au CHU de Purpan, à l'hôpital des enfants, qu'elle a commencé à s'intéresser au traumatisme psychique lié à ce type de blessures. En 2004, Delphine Thiboud a obtenu une bourse de la Fondation Mustela pour approfondir cette recherche au sein du service de pédopsychiatrie du professeur Raynaud, au CHU de Purpan.
 

 

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Ce sujet est loin d'être anecdotique puisque la brûlure de l'enfant constitue la troisième cause de traumatisme physique dans notre pays, après les chutes et les coupures. En effet, 40 000 enfants consultent chaque année pour une brûlure et un dixième d'entre eux sont hospitalisés. A ce jour, les études ont surtout porté sur leur impact psychique chez les enfants d'âge scolaire. La situation des plus jeunes, qui constituent la population la plus touchée, a en revanche été peu étudiée. C'est la raison pour laquelle, sous la direction du professeur Reynaud et avec la participation du service de pédopsychiatrie, Delphine Thiboud s'est penchée sur la question de l'impact traumatique de la brûlure chez l'enfant de moins de six ans (et ses parents).
Dans un premier temps, dans le cadre de sa thèse, la jeune médecin a dressé un bilan de l'état de 69 enfants de un à six ans pris en charge pour une brûlure accidentelle au CHU de Toulouse entre octobre 2003 et août 2004 (c'est-à-dire en phase aiguë). Dans un second temps, tout en élargissant l'échantillon des enfants étudiés (à 150, espère-t-elle), elle tâchera de revoir les familles, un an après l'accident ayant causé la brûlure.
La première évaluation a permis de mettre en évidence l'existence de troubles psychotraumatiques chez des enfants très jeunes, porteurs de brûlures de gravité modérée ; des troubles apparaissent également chez certains parents. Sur le plan des facteurs pronostiques, admet Delphine Thiboud, "il faut souligner le lien très relatif entre gravité et impact de l'événement" : une blessure légère peut se révéler plus traumatique qu'une brûlure profonde. Par ailleurs, "le vécu subjectif et les réactions des parents semblent avoir une influence sur l'impact traumatique de la brûlure chez l'enfant". Ainsi, les enfants dont la famille jouit d'une grande cohésion semblent plus protégés.
Ces observations, qui confirment les hypothèses initiales de l'étude, doivent être validées et affinées grâce à une réévaluation à distance (temporelle). "L'objectif", explique Delphine Thiboud, "est de répondre aux questions suivantes : existe-t-il une corrélation entre des troubles significatifs en phase aiguë et l'état des enfants un an plus tard ? Certains éléments décelés peu de temps après la brûlure permettent-ils de détecter les enfants les plus susceptibles de développer des troubles psychiques ultérieurs ?" Si tel est bien le cas, la jeune chercheuse élaborera, dans un troisième temps, une grille d'observation destinée aux pédiatres. Cet outil d'usage aisé devra leur permettre de repérer les enfants à risque et de les diriger vers les pédopsychiatres de l'hôpital.