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Poser un regard anthropologique et sociologique sur l’alimentation des enfants, L. Mathiot

Louis Mathiot

Louis Mathiot

Bourse de Recherche 2010

Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l'université de Strasbourg, il consacre sa thèse de sociologie, débutée en 2007 dans la même institution, aux « pratiques alimentaires des enfants, un observatoire des cultures enfantines et des rapports inter-générationnels ».

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Quel objectif poursuivez-vous dans votre thèse ?

J’ai voulu poser un regard anthropologique et sociologique sur l’alimentation des enfants, c’est-à-dire dépasser le strict cadre de l’évaluation nutritionnelle : les enfants mangent-ils bien ou mal ? J’ai aussi voulu prendre en compte le point de vue des acteurs concernés, c’est-à-dire des enfants eux-mêmes. Autrement dit, j’ai retourné la question : qu’est-ce que les enfants pensent de ce qu’ils mangent ?

Quelles conclusions se dégagent-elles de votre thèse pour le moment ?

Les enfants sont doués d’une certaine réflexivité. A l’école, ils sont sensibilisés aux questions nutritionnelles dès l’âge de quatre ans et reçoivent beaucoup d’informations. Je voulais savoir comment ils recevaient ces messages, et, si j’ose dire, comment ils les digéraient.

Or, si les enfants sont saturés de messages nutritionnels, il y a un décalage entre le discours et les pratiques. Ainsi, un enfant de sept ans m’expliquait qu’il ne grignotait pas, qu’il ne mangeait pas entre les repas… une barre de céréales à la main, entre deux bouchées ! Quand je lui ai fait remarquer ce paradoxe, il m’a dit : « Ah non ! Cela, ce n’est rien du tout, c’est une mini-barre de céréales pour un mini-creux ». Autrement dit, les enfants peuvent parfaitement ressasser, répéter les discours entendus, sans nécessairement les assimiler. C’est un constat auquel on n’accède qu’en les écoutant et les observant.

Que vous apporte le prix de la Fondation Mustela ?

Ce prix va me permettre de valoriser les résultats de ma recherche auprès de la communauté universitaire, grâce à des communications dans des colloques. Ce type de prix aide aussi à penser, lors des moments de doute : « Eh bien non, je ne me suis pas trompé ! »