Observer le bébé, au sein des interactions, pour comprendre les dysfonctionnements interactifs mère-enfant, M.C. Genet

Marie-Camille Genet
Bourse de Recherche 2010
Psychologue clinicienne à la maternité A. Paré. de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) et chercheur en psychopathologie, Marie-Camille Genet est doctorante en troisième année à l’université Paris V Descartes. Sa thèse porte sur « l’analyse exploratoire des dysfonctionnements interactifs, de l’attachement et du devenir narratif des bébés de mères atteintes de trouble de personnalité de type borderline ».
Lire l'article dans son intégralité
Comment avez-vous déterminé votre sujet de recherche ?
A l’origine, je souhaitais travailler sur les interactions mère-bébé durant la période périnatale, et j’ai demandé au Pr Golse s’il était d’accord pour encadrer mes travaux, puis j’ai intégré une unité de recherche dirigée par le Dr. G. Apter (RePPEr : Recherche en Psychiatrie et en Psychopathologie à Erasme, Antony). J’ai commencé à y recevoir des dyades, c’est-à-dire des mamans et des bébés, à la naissance, puis à trois, six, neuf et treize mois. De là, est venu mon thème de recherche, au croisement du travail dans cette unité de recherche et du développement théorique du Pr. Bernard Golse, relatif notamment à la narrativité chez l’enfant.
J’ai notamment travaillé sur les dysfonctionnements interactifs au sein des dyades où la mère est atteinte d’un trouble de personnalité borderline, trouble qui entraîne des conséquences sur leurs relations interpersonnelles, et notamment parfois avec leurs bébés.
Comment procédez-vous concrètement ?
C’est l’observation du bébé, au sein des interactions, dans ce qu’il nous fait vivre, qui permet au clinicien de comprendre pour quel motif celui-ci « se retire » des interactions ou bien pour quel motif il est en difficulté pour créer du lien avec sa mère.
Bien évidemment, il s’agit de comprendre que chaque maman fait de son mieux avec ses propres difficultés et les carences de sa propre histoire. Ce faisant, elle construit un individu en tant que tel, dans sa narrativité, avec ce qu’elle est et le sens qu’elle attribue aux interactions.
Que signifie pour vous le prix de la Fondation Mustela ?
C’est stimulant, ça redonne de l’énergie : une fondation, un comité scientifique de renom, reconnaissent que votre travail a du sens, que vous n’êtes pas seule, que vous êtes soutenue. Ce second aspect est aussi important que le volet financier.