Comparaison transculturelle des représentations de l’enfant dans la psyché maternelle, N. Cisse Camara
N'Deye Awa Cisse Camara
Bourse de Recherche 2003
Pour N'deye Awa Cissé Camara, la psychologie a d'emblée revêtu un caractère transculturel, avec l'entrelacement de données psychiques et de référents culturels. "Au Sénégal, on parle plutôt de fous et de psychiatrie. En terminale, en cours de philosophie, j'ai découvert la notion de psychologie. J'ai suivi mes études dans cette discipline en France jusqu'à l'obtention de mon DESS", raconte N'deye Awa.
C'est durant un stage au centre social d'Antony, auprès d'un groupe de paroles de femmes enceintes étrangères, que N'deye Awa a eu l'idée d'étudier les représentations qu'ont les femmes enceintes de leur bébé : "J'ai tout de suite été frappée par les différences culturelles entre la maternité au Sénégal et en France, avant et après la naissance". Ainsi, en Afrique, l'échographie est une technique assez peu répandue en dehors des grandes villes. "Dans une culture où l'image est sacrée, il est intéressant d'étudier la question du rapport de la mère à l'échographie", estime N'deye Awa. En revanche, les rêves occupent, en France, une place moindre qu'au Sénégal, où leur signification est parfaitement intégrée à la vie diurne.
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Dans le cadre de son DEA, la jeune chercheuse a étudié les réactions d'Africaines face à l'image échographique de leur bébé selon leur niveau d'acculturation. Au Sénégal, où on évite de parler à une femme enceinte de son futur enfant, car cela pourrait attirer "le mauvais œil" sur lui, l'accès à l'image intérieure du ventre est loin d'être une évidence. Certes, l'échographie ne pose pas problème aux Sénégalaises acculturées, qui le voient comme un outil de prévention médicale. Mais les choses sont plus compliquées pour les femmes semi-acculturées, voire déculturées, mal intégrées dans la société française, coupées de leur réseau d'entraide traditionnel, et, qui plus est, souvent en situation de précarité sociale.
C'est pour sa thèse, prolongement de son DEA, que N'deye Awa a obtenu une Bourse de la Fondation Mustela. Elle se propose maintenant de faire une "comparaison transculturelle des représentations de l'enfant dans la psyché maternelle à travers les productions oniriques et les images échographiques". Selon leur degré d'intégration, en effet, les Sénégalaises enceintes articulent différemment leurs rêves et les images échographiques. Définir cette articulation, ainsi que les problèmes qu'elle suscite, permettra de prévenir d'éventuelles difficultés dans les liens précoces entre les mères et leurs enfants et, par conséquent, de faciliter une intégration familiale parfois difficile.



