Les repas thérapeutiques pour répondre aux troubles alimentaires des jeunes enfants, S. Lopez
Stéphanie Lopez
Bourse de Recherche 2004
Psychologue dans le service de médecine psychologique pour enfants et adolescents du CHU Saint-Eloi de Montpellier, Stéphanie Lopez cumule des activités de clinicienne et de chercheuse. Elle a déjà consacré un DEA aux "liens sociaux, liens symboliques", en option psychanalyse, à l'université Paul Valéry de Montpellier. Intéressée depuis plusieurs années par la question de "l'alliance thérapeutique", elle vient de recevoir une bourse de la Fondation Mustela pour évaluer sa pertinence dans les "repas thérapeutiques enfant-parent(s)-soignant", proposés depuis deux ans à de jeunes enfants anorexiques.
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Le sujet de recherche de Stéphanie Lopez vise à dresser le premier bilan d'une méthode originale mise en place par le service de psychologie de Saint-Eloi : les repas thérapeutiques. Depuis près de deux ans, l'équipe de ce service accueille en hôpital de jour un groupe de dix à quinze enfants âgés de quelques mois à trois ans, et sujets à des troubles alimentaires de type anorexique. En France, ces troubles affecteraient 6 à 35 % des bébés ayant un développement normal et 40 à 70 % des prématurés. Car, souligne Stéphanie Lopez, "la fonction alimentaire représente, dans la première enfance, un lieu d'expression privilégié de la souffrance psychique et des dysfonctionnements relationnels du nourrisson avec son entourage".
Les soins offerts à Saint-Eloi peuvent s'étaler sur deux années pleines. En effet, plusieurs mois sont parfois nécessaires pour gagner la confiance de l'enfant. Durant une phase individuelle de prise en charge, les enfants apprennent à goûter, toucher, sentir, puis mâcher et avaler les aliments. Parallèlement, une orthophoniste travaille, avec eux, sur "les praxies bucco-faciales".
Plus tard, l'équipe de Saint-Eloi convie ces jeunes patients, une fois par semaine, à des repas thérapeutiques : des déjeuners ou des dîners auxquels participent d'abord les seuls soignants (puéricultrices, auxiliaires de puériculture et infirmiers), puis, au bout de trois à douze mois, les parents. Cet outil thérapeutique étant neuf, une multitude de questions restent sans réponse, quant à l'efficacité réelle du dispositif, le comportement des soignants etc.
Pour y répondre, Stéphanie Lopez travaillera à partir des vidéos des repas ainsi que de questionnaires remplis par les parents et les soignants. Parmi les points à analyser se trouvent les effets de l'introduction des parents dans les repas thérapeutiques, les modalités de "l'alliance thérapeutique" entre soignants et famille, ainsi que l'évolution des symptômes des enfants et de leurs relations avec les parents.
"Mettre en place une méthode fine d'observation des comportements mère-enfant ou parents-enfant au cours des repas, qui pourrait par la suite être utilisable en clinique" et "améliorer l'intervention thérapeutique auprès de jeunes enfants anorexiques" : tels sont les objectifs très concrets de l'étude, précise Stéphanie Lopez. Au-delà, cette recherche pourrait permettre un meilleur repérage précoce des symptômes et donc, in fine, la prévention de l'anorexie infantile.



